photo Jicky Cole fondatrice INTERSTYLEPARIS.com JICKY COLE  fondatrice INTERSTYLEPARIS.com

 

 

 

 

 

 

Jicky Cole est la conceptrice et fondatrice du projet INTERSTYLEPARIS.com  lancé  sur Internet en 2002 .
Elle est diplômée de L’École Supérieure des Arts et Techniques de la Mode ( ESMOD- Paris), où elle a enseigné le stylisme et le journalisme de mode.

Designer , « International Fashion Consultant », elle se passionne pour l’illustration de mode , la photographie de mode, l’histoire de la mode et la sociologie du vêtement.

« Le but d’INTERSTYLEPARIS™ est d’être une porte ouverte, un phare pour tous ceux qui se passionnent pour la mode et   n’ont pas forcément accès facilement à des informations fiables  concernant ce secteur … Il est difficile actuellement de faire le tri  dans la masse de renseignements disponibles sur le web et les réseaux sociaux.

De nos jours la donne est en pleine mutation : la « fast fashion » malgré son succès est en crise identitaire, la mode éthique en plein essor , l’artisanat et le sur mesure en phase de renaissance.

Un jeune « millennial » peut démarrer une carrière avec une machine à coudre, un projet sur une plateforme de « crowdfunding », un « e-shop » et un réseau social, sans même passer par le cursus d’une école puis des stages. Les expériences et parcours atypiques sont enfin valorisés.

INTERSTYLEPARIS ™ récupère aussi des « pépites » démotivées, car mal orientées ou bien inadaptées aux contraintes pédagogiques des écoles et leur redonne confiance en leur talent. La formation courte ISP d’initiation au stylisme de mode est en fait une forme de coaching.

L’équipe répond également à d’innombrables demandes de conseils concernant les métiers de la mode, les carrières, formations diverses , pôles de fabrication et lancement de premières collections etc.

A l’ère de l’intelligence artificielle, une réponse humaine à un moment clef de sa vie peut changer un destin…  »

 

 

En savoir + Interview de Jicky Cole par Mônica Cristina Correa de l'Alliance Française au Brésil

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« Mode » D’après le dictionnaire, le terme se définit comme « goûts collectifs, manières de vivre, de sentir qui paraissent de bon ton à un moment donné dans une société déterminée ». Une chose futile parce qu’éphémère? Pas du tout. La mode, beaucoup plus qu’une manière de se comporter et de s’habiller peut être la traduction des mœurs d’une époque, des pensées et même de la politique d’un certain temps. La mode peut être le symbole du pouvoir, des aspirations profondes des êtres humains. Actuellement, elle a le statut même d’une profession ; il y a des écoles de mode, assurant une formation aux professionnels. Dans ce domaine, comme pour suivre vraiment les tendances, il y a une bonne nouvelle : les connaissances sur le métier de la mode, surtout de styliste, peuvent être acquises par l’Internet, à partir des cours on-line. C’est le cas du cours INTERSTYLEPARIS™ (site : www.interstyleparis.com) de la styliste Jicky Cole, de Paris, que nous avons interviewée à ce sujet. Voilà une manière d’être, dans tous les sens, « branché ».

· Alliance Française : Sur son ouvrage, L’Empire de l’Ephémère, le sociologue français Gilles Lipovetsky affirme que ce qui nous manque ce sont les connaissances précises concernant la mode, de son sens global, enfin, de la dynamique de la mode. Vous proposez un cours de mode par internet qui doit justement ouvrir les premières portes de l’univers de la mode. D’après vous, la mode est-elle toujours si éphémère ?

· Jicky Cole : Je pense que le plus fascinant dans la dynamique de la mode est le perpétuel mouvement de balancier entre le besoin de rupture avec les conventions en vigueur, de création de distance et d’exclusion, mais en même temps l’engouement de certains groupes pour de nouveaux codes vestimentaires. Ces « tribus » s’identifient aisément un temps, puis rejetteront et brûleront systématiquement ce qu’elles ont adoré la saison précédente. Lorsque l’élite et la masse auront adopté ces codes (récupérés par les créatifs dans leurs collections), ils seront délaissés par ceux qui les avaient créé. La mode est éphémère mais pas superficielle. C’est l’industrie la plus vivante et la plus humble qui soit puisqu’elle remet en question chaque saison tout ce qu’elle a construit. Ce que l’on appelle « les caprices de la mode » sont en fait le résultat d’une passionnante alchimie de paramètres mouvants entre passé et présent et anticipation du futur.

· Alliance Française : Puisque la mode est justement quelque chose de changeant et dynamique, la méthode que vous proposez semble des plus efficaces. Quels sont en effet les avantages d’un apprentissage on-line ?

· Jicky Cole : Grâce à Internet l’élève est en contact permanent avec son tuteur qui répond à toutes ses questions concernant le milieu de la mode. Ces tuteurs sont tous des stylistes professionnels qui ont également enseigné dans les écoles de mode les plus célèbres ( Esmod, Saint Martin…). On peut être doué pour la lingerie mais pas du tout pour le secteur maille; pour la création de maquettes textiles mais pas pour les accessoires. L’expérience du tuteur permettra ainsi à l’élève d’être orienté en toute objectivité… La méthode INTERSTYLEPARIS™ (méthode déposée) est un cours par correspondance d’Initiation au Stylisme de mode. Il s’adresse aux élèves qui sont très attirés par le secteur de la mode sans savoir s’ils sont réellement doués et motivés. Notre but est de leur donner la possibilité de développer leurs idées rapidement sur des bases simples mais justes, et ne pas passer des heures pour les moins doués à essayer de mettre une silhouette debout ! (nombreux ont renoncé aux Ecoles de Stylisme pour cette raison) sans leur imposer systématiquement un style de croquis de mode, tout en respectant leur personnalité. Nous ne sommes pas concurrents des Ecoles, bien au contraire, nous redonnons confiance à ces passionnés de mode, nous leur transmettons les notions basiques de la culture de mode avec de nombreux conseils personnalisés, nous les orientons ensuite vers les spécialisations de la mode dans les écoles.

· Alliance Française : Comment votre cours est-il structuré ?

· Jicky Cole : Le cours est présenté sous forme d’un classeur de 270 pages divisé en 6 semaines distinctes et d’un mannequin miniature en bois. Chaque semaine comporte 3 parties: informations, dessins et exercices à retourner à son tuteur: par courrier, fax ou internet (toutes les semaines, les quinzaines, ou tous les mois selon le choix de l’élève). Le dossier final sert parfois aux élèves pour se présenter dans les Ecoles; certains ont directement trouvé des stages dans la mode.

· Alliance Française : Croyez-vous que la mode soit une opposition à la tradition comme si le présent était une opposition au passé ? D’après vous, pour comprendre la mode faut-il en connaître l’histoire ? Si oui, dans quelle mesure une connaissance du passé peut-elle s’ajouter aux nouvelles créations ?

· Jicky Cole : La mode de demain est déjà inscrite dans celle d’aujourd’hui avec des « traces » de celle d’hier. Il y a des styles, des tendances, et de grands mouvements de fond. Même lorsqu’il semble y avoir rupture, c’est en fait une réaction logique face à des événements politiques, des ambiances sociologiques (mode des incroyables et merveilleuses, garçonnes, zazous, beatniks, hippies…). Ce n’est jamais un hasard, mais une réaction puis une continuité. C’est pourquoi il faut connaître l’histoire de la mode sans jamais oublier de la comprendre, en évitant d’être trop passéiste dans sa créativité. En période d’euphorie économique les jupes raccourcissent mais rallongent avec les crises. Les carrures s’élargissent lorsque les femmes revendiquent plus de place dans la société, les ceintures indiquent une coupure entre l’esprit et le sexe, les modes unisexes annoncent plus de liberté de mœurs etc. … Les thèmes des collections sont en fait la synthèse de toutes les ambiances socioculturelles de notre environnement.

· Alliance Française :  Vous avez mentionné une certaine relation entre la mode et les tendances économiques, politiques et sociales, un peu comme si les habits traduisaient les mœurs, les préoccupations, même les protestations. Dans ce sens, on pense la mode comme phénomène social, bien sûr. Je vous demanderai si, parmi les courants, on peut considérer qu’il y ait des tendances personnelles… une « mode individuelle », une sorte de résistance ou d’avant-garde des gens.

· Jicky Cole :   La mode prend racine dans l’inconscient collectif, elle est l’expression spontanée des désirs d’une société à une époque précise de son histoire. Personnellement, je ne pense pas qu’il puisse y avoir une mode individuelle indépendante des courants et des cycles de mode. On peut rarement résister totalement à la mode. Ceux qui s’opposent, ou qui choquent volontairement pour être « anti-mode », malgré eux, créent systématiquement une tendance dans laquelle d’autres se reconnaîtront, s’identifieront. Cette contre-mode deviendra forcément rapidement une mode (exemple : la tendance « néo-gothique » actuelle). C’est plutôt dans le choix des accessoires qu’il peut être plus facile de se singulariser, d’échapper aux courants.

· Alliance Française :  Et croyez-vous que la mode de chaque pays est de fait très différente (chaque peuple ayant sa personnalité) ou diriez-vous qu’il y a une « mondialisation » de la mode actuellement ?

· Jicky Cole :   La mode est un moyen privilégié de communication, elle permet l’échange entre soi et les autres. Le vêtement préserve notre intériorité, exprime inconsciemment notre caractère, notre moi profond, mais il est également tourné vers l’extérieur, il protège et témoigne en devenant un objet dans le regard de l’autre. La mode est donc un fabuleux langage. La mondialisation de la mode ne date pas d’aujourd’hui, elle est apparue à l’époque de la colonisation on l’on voulait gommer au maximum les particularismes locaux. La conséquence fut l’abandon des costumes traditionnels remplacés par le costume européen. Privés de signification autre qu’historique, ces costumes régionaux sont devenus des objets de musée. Heureusement lors de fêtes traditionnelles ou folkloriques, dans certains pays réapparaissent ces merveilles qui sont la source d’inspiration la plus riche pour tous les créateurs.

Alliance Française : Quels conseils donneriez-vous à ceux qui souhaitent être professionnels de la mode ?

Jicky Cole :  Pour un styliste l’essentiel avant même de maîtriser le dessin de mode, est de savoir observer, enregistrer; permettant ainsi de mieux comprendre et d’analyser l’évolution des lignes, des tendances pour créer de façon régulière et savoir anticiper. Contrairement à ce que l’on peut croire il n’est pas nécessaire d’être exceptionnellement doué sur le plan dessin pour devenir un professionnel de la mode. Les meilleurs dessinateurs ne font pas les meilleurs stylistes de demain mais d’excellents illustrateurs de mode (qui souvent ne créent pas mais illustrent les créations des Couturiers). Le styliste doit se transformer en véritable « éponge ».

Tel un radar, rien de son époque ne doit lui échapper: courants culturels, technologiques, données économiques, aspirations sociétales etc…